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QUELQUES DONNEES HISTORIQUES


Période tsariste


Conquête de la Sibérie



Покорение Сибири Ермаком, La Conquête de la Sibérie par Yermak (c. 1540-1585)
Par Vasiliy Surikov (1848-1916) (ArtLib.ru) [Public domain], via Wikimedia Commons


La partie la plus importante de cette conquête fut faite par le Cosaque Iermak qui, poursuivi comme pirate par le gouvernement russe, passa, en 1580, au delà des monts Oural, avec 6.000 de ses compatriotes, et tomba sur les possessions de Koutchoum-Khan, descendant de Tchingis-Khan et souverain de la principauté de Touran, qui occupait les bords du Tobol, de l'irtych, de la Toura et s'avançait jusqu'à l'Ob. Iermak défit complètement ce prince en 1581 et se rendit maître de sa capitale, Isker ou Sibir, qui, par la suite, donna son nom à toute la contrée que nous décrivons. (In : Auguste Wahlen, 1843, Bruxelles, Moeurs, usages et costumes de tous les peuples du Monde, Tome 2, Asie, :471)


Conquête de la région de la Léna et naissance de la "province de Yakoutie"


La progression des Russes, à la suite de la percée des cosaques de Iermak, se fait de façon continue, malgré une vigoureuse résistance des Koriaks, des Tchouktches et des Toungouses qui se soumettent en 1623.

La conquête de la région de la Léna par les Russes débute dans les années trente du XVIIe siècle et fait suite à la "découverte" de ce fleuve et de ses habitants en 1620 par un trappeur nommé Penda. Cette avancée profite des informations données par un prince toungouse venu de la haute Toungouska, Iltik, aux cosaques d'Enisseïsk en 1619. La pelleterie ou "l’or mou" est, alors que l'Etat russe fait ses premiers pas dans le commerce international, la motivation principale de la conquête de la Sibérie. A la suite de Penda, deux expéditions de cosaques tentent en 1629 et en 1631 de soumettre les populations indigènes au Tsar et de les asservir au paiement du jasak (impôt en fourrures). La première tentative s’avère infructueuse. La seconde, menée par l’ataman I.A. Galkin, conduit à l’asservissement de cinq "toïons" (chefs féodaux chez les Yakoutes) - Serguj, Burukhu, Noguj, Izhil et Semën. En 1632, année de la construction du fort de Yakoutsk par l'ataman Pëtr Beketov, les terres de trente et un toïon en Yakoutie centrale sont assujetties, puis c’est le tour des bassins du Viliouï, de l’Olëkma, de l’Aldan, de la Maïa et de la région de Zhigansk. Entre 1633 et 1638, les bataillons de cosaques atteignent les rives de l’Olenëk, de la Iana, de l’Indiguirka, puis celles de l’Alazeïa en 1642 et de la Kolyma en 1643. Dans l'ensemble, le processus d'annexion de la région de la Léna est plus rapidement achevé que celui des régions voisines de l'Iénisséï ou de la Tchoukotka, ce que les historiens expliquent par l'instrumentalisation efficace des conflits et rivalités opposant les populations locales, "Toungouses" et "Yakoutes", en particulier à la périphérie du territoire.

D’abord rattaché à l’uezd de l’Iénisséï (enisejskij uezd), l’uezd yakoute (jakutskij uezd) naît en 1641 comme entité administrative distincte et est placé sous l’autorité du voïévode P. Golovin. Par la suite, la Yakoutie connaîtra une longue succession de découpages administratifs, avec tout d'abord la création de trente-cinq volost’ : ces petites entités territoriales, attribuées en principe aux différents clans et tribus, contrarient plus qu’elles ne respectent les divisions et solidarités traditionnelles établies au sein de la population sakha. Dans les années vingt du XVIIIe siècle, une réorganisation de la division administrative donne naissance aux ulus, entités regroupant plusieurs volost’. Un siècle plus tard, la Yakoutie est redivisée en cinq okroug (districts) : les okroug de Yakoutsk, d’Olëkminsk, de Viliouïsk, de Verkhoïansk et de la Kolyma. Ces okroug sont à leur tour subdivisés en ulus, les ulus en nasleg (qui se substituent alors, sur le plan administratif, aux volost’), et les nasleg en rod (clans). Les partages et regroupements administratifs sont opérés de manière arbitraire, par des administrateurs ignorants des réalités locales, ce qui génère une confusion dans l'emploi des notions d'ulus et de nasleg. Créations artificielles de l’époque coloniale, le nasleg et l’ulus vont néanmoins prendre racine et se substituer, dans la conscience populaire des Yakoutes, aux allégeances traditionnelles au clan patriarcal (us/ agha uha), et à la tribu ou communauté familiale élargie (d'on).

L'introduction de divisions administratives par le colonisateur a pour objectif premier de faciliter le recensement des populations soumises au paiment du jasak. Le premier recensement systématique de la population et du bétail remonte à 1642. Sur l’ordre du voïévode P. Golovin, des listes nominales indiquant l’identité et les revenus des personnes soumises au versement du jasak sont dressées, puis réactualisées chaque année. Au cours des XVIII-XIXèmes siècles, le recueil d’informations sur la population de l’uezd reste essentiellement soumis aux impératifs de contrôle de la population imposable de l’Empire russe. Les registres du jasak fournissent donc la principale matière statistique de l’époque. Cependant, celle-ci est très disparate car les recensements ne sont pas menés de manière exhaustive, laissant de côté les parties non imposables ou exonérées de la population, et ne touchant que très partiellement les groupes nomades. La conversion à la religion orthodoxe fournit un autre axe de recensement de la population à partir de 1722, mais ces données ne représentent que la partie baptisée de la population indigène.

Carte administrative de la Sibérie orientale en 1792


Map of Irkutsk Namestnichestvo 1792
Уезды Якутской области Иркутского наместничества, 1792 год
Atlas of the Russian Empire (1792), : Consist of 46 maps, : Published in St. Petersburg (1792) / printed in 1793 or later. Digital copy made by Russian State Library (http://www.rsl.ru/en), publisher: Sytin's print shop





Carte de la Yakoutie de 1826


Carte Générale de la province de Yakoutsk et du cercle d'Okhotsk
Extrait de "Atlas de l'Empire russe" ("Атлас Российской империи")


A cette époque, la province de Yakoutie est étendue bien au delà de ses frontières actuelles : elle est bornée par l'Océan Glacial arctique au nord et par l'Océan Pacifique au Sud (mer d'Okhotsk).


Période soviétique

1919 :
La région est rebaptisée "République Socialiste Soviétique Autonome de Yakoutie" par le nouveau gouvernement soviétique.

1922 :
La République Soviétique Socialiste Autonome de Yakoutie est créée au sein de la Fédération de Russie. Sa création intervient dans le cadre de la politique des nationalités mise en place par le pouvoir soviétique, qui consiste à doter tout groupe ethnique suffisamment nombreux d'une entité de type Etat-nation, dont l'autonomie n’est cependant que purement formelle.

1928 :
La politique de collectivisation menée par Staline à partir de 1928 provoque des milliers de morts dans la société yakoute. Celle-ci ne pourra se rétablir véritablement qu'à partir des années 1960.

1990 :
La Yakoutie se proclame "souveraine à l’intérieur de la Fédération de Russie", à l’instar de toutes les autres Républiques autonomes de Russie. La yakoutie ne revendique pas son indépendance, mais une réelle autonomie économique, culturelle, et pourquoi pas politique dans le cadre de la Russie, ce qui suppose l'instauration de rapports contractuels avec celle-ci.


Période post-soviétique


En 1992, la Yakoutie prend le nom de République Sakha (Yakoutie), officialisant ainsi l'autonyme "sakha", soit le nom par lequel les Yakoutes se nomment dans leur propre langue.
La République en tant que structure subétatique se dote des attributs symboliques de l'étaticité tels qu'un drapeau, des armoiries, un hymne.

Le drapeau de la République Sakha (Yakoutie)
Il a été créé en 1992. Sa symbolique est expliquée par Ouliana Vinokourova, idéologue et femme politique yakoute, dans son livre Skaz o narode sakha (Le dit du peuple sakha) paru en 1994.
Le drapeau de la Yakoutie-Sakha reflète les traditions nationales de la nation titulaire, les Sakhas : un soleil blanc (urun" kun), symbole de vie éternelle, sur un fond bleu représentant le climat polaire, froid et rigoureux, du pays sakha. Au bas du drapeau, trois bandes de couleur, le blanc pour la pureté, la neige, l'espoir, la sagesse et la bonté ; le rouge pour la force, le courage, l'honneur, le désir de souveraineté du peuple ; le vert pour la santé, la joie, l'espoir placé dans les forces vives de la nation.



Les armoiries de la République Sakha (Yakoutie)
Elles sont issues de la reproduction d'un détail d'une peinture rupestre célèbre découverte sur le bord de la Léna. Le cavalier à cheval est porteur d'un étendard symbolisant l'unification des tribus. Les étoiles sur le pourtour représentent les peuples autochtones de la Yakoutie (Sakhas/Yakoutes, Dolganes, Evenks, Evènes, Youkaguirs, Tchouktches).



EN 1995, sur l’exemple du Tatarstan et du Bachkotorstan, la République Sakha (Yakoutie) revendique et obtient l’instauration de relations bilatérales, basées sur des accords et des traités, avec la Fédération de Russie.


L'hymne de la République Sakha



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