" Non loin de lAdyïa , les Odul virent un jour quelque chose quils navaient jamais vu et qui leur parût inexplicable : ils virent des rennes blancs et noirs, dépourvus de bois, dont les sabots étaient ronds et la queue fournie de crins tellement longs quils touchaient terre. Ces " rennes ", grands comme des élans, étaient montés par des hommes armés de lances et de glaives en fer, bien plus meurtriers que les lances et les flèches des Youkaguirs, dont les pointes étaient faites dos et de pierre. Ce spectacle paralysa tout ceux qui le virent. Ces créatures à six pattes, à deux têtes, à quatre yeux et à longue queue, savérèrent tout de même mortelles. Elles aussi étaient faites de sang, dos et de chair. Les Youkaguirs, vaillants défenseurs de leurs terres, guerriers intrépides et sans peur, ne sattaquèrent au début quà ces rennes rencontrés pour la première fois, cest-à-dire aux chevaux yakoutes, pensant que cétait eux le danger principal, et ne prêtèrent aucune attention aux cavaliers. Cest cela qui causa la défaite des Youkaguirs et la victoire triomphante des Yakoutes. "
Cétait un jour dété à lembouchure du Korkodon, à lépoque où les feuilles sur les sorbiers sétaient ouvertes, où les herbes dans les champs avaient repoussé, où les oiseaux dans la forêt sétaient remis à chanter... A cet endroit vivait un petit groupe dOdul qui se nourrissaient de poissons quils pêchaient à la nasse ou à la ligne. Un soir ils remarquèrent sur la rivière un homme qui voguait vers eux, le visage couvert de poils, avec un nez énorme comme la bosse dun bouleau et en guise de narines deux trous noirs semblables aux terriers des hermines. Cet homme, aussi grand quun arbre, ayant vu que des jeunes filles dansaient, dénudées, sur la rive à lorée de la forêt, accosta, sapprocha delles et, saisissant lune dentre elles, lentraîna dans la forêt. Voyant cela les hommes accoururent avec des lances et des flêches, le tuèrent puis jetèrent son corps dans la rivière en lui disant : " Reprends le donc et ramènes le là doù tu nous las apporté! "