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PEUPLEMENT en YAKOUTIE...

Les Tchouktches


Présents au nord-est de la Yakoutie, les Tchouktches sont l’un des plus anciens peuples de la Sibérie orientale, et le plus important du point de vue numérique parmi les groupes "paléoasiatiques" (nom utilisé pour désigner la parenté linguistique des Tchouktches, des Koriaks, des Kérèks et des Itelmènes).


L’ethnogenèse des Tchouktches a d'abord été étudiée par l'ethnologue et spécialiste des Tchouktches Tan-Bogoraz, qui a suggéré une parenté de ce peuple avec les Indiens d’Amérique et, surtout, avec les Eskimos (Yupik ou Yuit).

Des études ultérieures, essentiellement linguistiques, ont cependant contredit cette hypothèse. La formation des proto-tchouktches aurait résulté de l’assimilation, dès le IVe siècle avant notre ère, de l’ancienne population mésolithique du nord-est sibérien par des populations du Néolithique supérieur, venues de Yakoutie, introduisant avec elles leur culture de chasseurs pédestres et de pêcheurs lacustres.

Vers la fin du premier millénaire avant notre ère, les ancêtres des Tchouktches sont parvenus sur les bords de la péninsule où, en se mélangeant partiellement aux ancêtres des Eskimos, ils ont donné naissance à un groupe côtier de Tchouktches sédentaires, processus achevé vers le Ve siècle.

L’acquisition de la renniculture par les Tchouktches continentaux se produit entre le VIIIème et le XVIe siècle.



Implantation des Tchouktches en Yakoutie


Le développement de très gros troupeaux de rennes domestiques en Tchoukotka pourrait expliquer le reflux des Tchouktches vers l’ouest, au cours du XIXe siècle : de nombreux gros propriétaires auraient été contraints, suite à l’épuisement des pâturages dans la péninsule, à venir nomadiser en Yakoutie, entre les fleuves Kolyma et Indiguirka.

Cet important groupe de Tchouktches nomadisant sur la rive droite de la Kolyma avait à sa tête un chef, nommé Eïgueli. Eïgueli, fils d'Amravgourguine, était vénéré par son peuple qui lui conférait un statut égal à celui du Tsar. Mort subitement en mars 1896 à Srednekolymsk où il était de passage, les autorités de la ville lui organisèrent des funérailles en grande pompe. Sa dépouille fut convoyée par un cortège composé de trente traîneaux de rennes jusqu'à l'église où six sous-officiers cosaques prirent le cercueil sur leurs épaules pour le mener dans l'église. Le commandant du détachement de cosaques portait son sabre, d'autres cosaques - ses médailles. A l'église, l'archiprêtre fit un sermon qui fut simultanément traduit en langue tchouktche. Le défunt roi avait huit épouses, il laissa sept fils et six filles.

Dans cette région de la Yakoutie où les famines saisonnières furent récurrentes dans le dernier quart du XIXème siècle, les Tchouktches sauvèrent bien des vies en sacrifiant nombre de leurs rennes pour le salut des populations affamées.

Le dernier roi des Tchouktches de la Kolyma fut, en 1915-1916, Tynapo, fils d'Eïgueli.

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Citation : Yakoutie, joyau sibéro-boréal, yakoutie.free.fr/Tchouktches.php - © 2007 - 2024
Dernière modification le 15-05-2018 09:28:38